bateau Dundee

 

Dundee, ma ville natale.

 

 

Laissez-moi vous parler un peu de Dundee, ma ville natale. Quelques repères historiques et topographiques ainsi que des anecdotes sur ma jeunesse dans cette cité si véritablement écossaise vous imprègneront de l’atmosphère et  de la culture particulière de cette ville située sur la côte Est entre Aberdeen et Édimbourg.  

La rivière Tay en sillonnant à travers les Highlands d ’Écosse (les  Hautes Terres) depuis les monts Grampians se transforment en un « loch » (lac) et poursuit sa course à travers les Glens (vallées) pour achever son parcours à Perth situé sur l’embouchure d’un large estuaire qui s’ouvre sur la mer du Nord et où elle reçoit alors le joli nom de « Silvery Tay » (Tay argenté ), ainsi nommé par les habitants des deux rives  et qui à pour origine la lumière particulière qui règne sur la côte à cet endroit lorsque par  gros temps le soleil projette ses rayons à travers les épaisses volutes de nuages et les strates grises  amassées entre terre et mer et qui  par des jeux de prismes subtils,  aussi fascinants qu’énigmatiques, forme un drap argenté frémissant sur les eaux sombres de la mer.

Pour voir et jouir de ce spectacle peu commun il faut se rendre de préférence sur la colline nommée « Law Hill », un ancien culot volcanique éteint, situé sur la rive nord du Tay et qui domine totalement l’estuaire et autour duquel s’est dressée la ville portuaire de Dundee.

Au-delà de la ville au Nord se trouve une barrière naturelle de collines sauvages appelée les monts Sidlaws et qui protège  Dundee des vents froids soufflants du Nord et des pluies  plus rares  que dans d’autres régions, soi-disant grâce à cela !   Les Sidlaws étaient autrefois réputés difficiles d’accès et un repère pour les brigands, fuyards, et les nomades.

L’anglais est la langue officielle depuis deux siècles en Écosse. Cependant les dialectes sont encore bien vivaces et  largement répandus parmi la population du pays. Dundee n’y échappe pas. La ville est connue pour son « broad scotch » qui   emprunte des mots, des phrases et des noms aux langues d’origines : Scots (Scotland) gaélique irlandais  et  le gaélique écossais (celtique) ainsi que des termes et prononciations dérivés des anciennes langues  Scandinaves et Saxonnes. Les pêcheurs de la mer du Nord  d’Écosse et de Scandinavie se sont  pour ainsi dire  confectionné leur propre jargon, une sorte de  fusion hétéroclite de mots, d’expressions et des termes de métier sans cesse repris et échangés entre eux et qui au fil du temps a donné un dialecte, commun et familier à tous les marins du Nord. Le tout s’apparente à un  brassage ancestral auquel, vous l’aurez compris, est venu s’ajouter l’anglais propre et argotique, d’hier et d’aujourd’hui. Dundee, Dun Deagh en langue celte signifie Fort sur  le Tay. 

Des anciennes fortifications de la ville il ne subsiste plus de trace, si ce n’est un fragment d’arche nommé «The Wichart’s Arch » jalousement gardé par les conservateurs culturels. La ville souvent envahie et plusieurs fois détruite durant les siècles de guerres civiles et par l’envahisseur anglais fut encore au trois quarts détruits en 1651 par les troupes anglaises emmenées par le général Monck venu écraser les rebelles qui refusaient de se soumettre à l’autorité de Cromwell devenu chef suprême «Lord Protectorat of the Commonwealth » une forme de République qu’il instaura à  la fin de la guerre civile anglaise après que le Roi Charles 1er d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande ait été décapité ( par ses soins ).

L’ancien culot volcanique qui domine la ville s’appelle familièrement «The Law» qui signifie Colline en langage ancien. Lorsque j’étais jeune, je confondais ce nom avec le terme anglais « Law » qui signifie Justice, je faisais d’autant plus facilement cette erreur que les magistrats de la ville y tenaient au temps jadis conseils et dans certaines occasions venaient solennellement y prêter serment.

Descendons ses pentes et empruntons le Wellgate pour rejoindre le Murraygate au coeur de la ville et la  Vieille Tour.  Tout près de là se trouvait à une époque la  grande place du marché « the Market Cross », situé à la croisée des  grandes voies d’accès de la ville appelée “Gates” :  le Nethergate et le Overgate à l’Ouest, prolongeait à l’Est par le Murraygate et le  Cowgate se coupant en deux vers le Wellgate au Nord et  vers le Tay au Sud par le Seagate.

Le Market Cross était le lieu des marchés et des marchands et où siégeait l’autorité, le Prévôt, dans le «Tollbooth » ancêtre de l’hôtel de ville et qui servait tout à la fois de salle de délibération pour les magistrats et les conseillers, d’office de douane et de péage et accessoirement de prison, la police ayant aussi domicile en ces lieux. À l’extrémité opposée de la grande place était érrigé  le "Market Cross" lui – même, sorte de tour de pierre d’environ deux mètres de hauteur d’où s’élevait en son centre un mât de pierre sculptée surmonté de  la statue de la Licorne, animal mythique devenu l’emblème traditionnel de l’Ecosse. Un escalier intérieur menait vers un parapet. C’est du haut de ce perchoir que les magistrats de la ville appelaient au rassemblement des habitants pour leur annoncer les mesures prises par le conseil ou par le Prévôt lui-même et faire toutes proclamations officielles. C’était aussi au bas du Market cross qu’était amenés les condamnés au " Pilori ", avant exécution de leur peine. 

Il reste de ces temps lointains une haute tour  carrée, sorte de beffroi  appelé le « The Auld Steeple» (la Vieille Tour)  et  le  très ancien cimetière appelé  « The Howf » prononcée « Houff » au centre de la ville qui renferme des tombes vieilles de plus de mille ans. Le plus court chemin pour accéder à la bibliothèque municipale passe par l’allée centrale du cimetière. Lorsque j’étais gamin, le traverser me procurait toujours quelques frissons à la vue des pierres tombales parées de têtes de morts et d’ossements entrecroisés à la manière des drapeaux des pirates de mer. À l’époque  de la sorcellerie une stèle réputée  être la pierre des sorcières tenait lieu de rassemblement aux adeptes de spiritisme et messes incultes. Les Confrèries de métiers y tenaient aussi messe basse.

Un long passé maritime jalonne l’histoire de la cité. La pêche bien sûr, et en son temps, la chasse à la baleine en était témoin. La présence du navire-musée Discovery, construit par les chantiers navals de Dundee et à bord duquel Robert F. Scott le célèbre explorateur sillonna les mers australes à la découverte du pôle Sud est un hommage à cette époque glorieuse de la ville. Il me revient en mémoire des images de mon enfance ces bateaux du bout du monde portant fièrement sur leurs flancs les noms de leur pays d’origine et qui amenaient et ramenaient dans leurs soutes, outre des denrées industrielles ordinaires, l’exotisme des terres lointaines: les épices des Inde et d’ Arabie, les fruits d’Europe, d’Afrique et bien entendu des quantités astronomiques de  thé de Chine , de Ceylan et de  Bornéo. L’étrangeté des hiéroglyphes inscrits  sur les caisses de bois et les sacs de jute et de lin qui contenaient ces  marchandises jonchées sur les quais ajoutaient  au mystère de leurs provenances.

Je ne peux manquer de vous raconter l’histoire qui remonte aux dix huitièmes siècles de ce bateau espagnol en provenance de Séville avec une cargaison d’orange qui par forte tempête et perdu en mer du Nord trouva par chance refuge dans le port de Dundee. Le navire resta bloqué à quai des jours durant. Un marchand du nom de James Keiller profita de l’occasion et acheta à bas prix toute la cargaison d’oranges, mais il s’aperçut après coup que les fruits s’abimaient très vite et étaient par conséquent invendables à sa clientèle. C’est alors que sa femme Janet, pour ne rien laisser perdre de cette précieuse marchandise eu l’idée d’en faire une marmelade d’orange amère à laquelle elle incorpora l’écorce coupée en lamelles, ce qui lui conféra ce  goût si particulier qui eu le succès immédiat que l’on connait. Ce même bateau espagnol revint régulièrement à Dundee pour livrer la maison Keiller qui devint grâce à sa marmelade d’orange la première usine de fabrication de confiture au monde, son succès ne s’est jamais démenti depuis.

Autour de Dundee et dans les contrées avoisinantes s’étendent des champs de lin dont la fleur bleue  produit la célèbre huile et dont la tige miracle contient la fibre qui une fois nettoyer et filées est  destinée  au tissage de draps, de toiles et à la confection de vêtements. Depuis toujours la ville était connue pour être celle des tisserands  des  «Weavers », dont de nombreuses chansons traditionnelles content les exploits et les déboires. En somme, la vie de  « Canut écossais » avec la même souffrance au métier et les mêmes injustices. La raideur des pentes de la ville n’ont d’ailleurs rien à envier à celles de la Croix Rousse à Lyon , la montée de la Grande Côte  pourrait se mesurer au «Hilltown » prononcé «Hulltoon », une montée tout aussi  emblématique et vertigineuse de Dundee qui part depuis le haut de l’une des collines  et  abouti aux marches du Wellgate qui conduit ensuite au coeur de la  ville, vers les docks, le port maritime et les chantiers navals.

Durant mon enfance et une partie de mon adolescence, j’habitais sur les hauteurs de la ville dans la rue Élisabeth située non loin du Hilltown, à peu près à mi-hauteur de cette longue côte. Bien sûr descendre au centre-ville n’était pas un problème, sauf lorsque la pente était verglacée ! Plus difficile était le chemin du retour. Mais là intervenaient l’art et la manière de remonter sans trop peiner. Le sport favori de tout enfant de Dundee de mon époque était de guetter un véhicule suffisamment lent ( de préférence un camion ou une remorque ) qui s’engageait sur la pente, et là, intervenait “l’art et la manière” de s’accrocher  derrière sans être vu! Un remonte-pente en somme! À ce sport j’étais effectivement loin d’être le dernier, aux dires de ma mère, qui elle aussi, s’y était  adonnée dans sa jeunesse !

Un mot, si j’ose dire, sur l’édition qui est une institution à Dundee et plus généralement sur les journaux, BD et magazines qui font la réputation de la ville grâce à DC Thomson & C° qui fonda la maison en 1905 et qui est toujours de nos jours un acteur économique majeur de la cité.

Je pourrais vous parler encore des heures durant de « meh hame toon », mon Dundee, mais à un moment donné j’aurais surement soif et serais tenté de vous entrainer avec moi dans un des nombreux pubs « cosy » dont la ville a le secret, mais c’est peut être bien ce que vous attendez after all ! Well, cheers to you my friends !  

 


L'errance des sensations

Faute d’avoir une vision complète de l’univers, on se contente d’en ramener un morceau à la surface en voulant que le fragment en question contienne l'intégralité de sa propre perception. Vouloir que le fragment soit à la fois une représentation globale et dans le même temps toute personnelle du monde, alors que l’on est dépourvu de l'image complète de celui-ci, n’est-ce pas une tare de l’esprit humain ? La manie ou la tendance à globaliser, peut-elle être une peur, un besoin, une justification, une satisfaction ? Si elle est une peur, serait-elle de connaître des vérités autres que celle que l’on a pu échafauder seul dans son coin d’univers ? Si elle est un besoin, serait-ce le besoin du fœtus à tout confiner dans sa bulle maternelle pour échapper à la brutalité du dehors. Si elle est justification, serait- elle une réponse au doute qui ronge celui qui ne sait. Si elle est satisfaction, serait-elle crédulité, aveuglément éclairée ? Des milliards d’êtres partagent-ils la même errance de sensations ? Ou bien est-ce simplement une vue de l’esprit qui décrète que le partage est une chose acquise à la naissance des sens et tout serait dans la manière de tirer au mieux la couverture à soi.

Une sorte de préméditation génétique.


 Rimbaud___Verlaine

Le procès de Rimbaud (Pensée personnelle)

 

 

 

 

 

J’appelle de mes vœux une révision du procès de Verlaine. À la lumière des faits, elle me parait essentielle.

 

Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas magistrat, pas plus avocat, encore moins policier. Tout comme Rimbaud, je suis, en toute modestie, poète. Tout comme Rimbaud aimait, Verlaine, j’aime Verlaine, spirituellement s’entend.

 

Ce que j’aimais chez Verlaine et Rimbaud c’est ce qui les opposait et les rapprochait tout à la fois, car il y avait sans aucun doute possible une osmose  entre les deux hommes.

 

L’un, Verlaine, classique au sens traditionnel du terme, tiraillé entre marginalités et ses velléités bourgeoises. Son esprit, en proie à de perpétuels conflits était victime de ses propres démons, habités par d’improbables ententes entre ces pôles rivaux qu’étaient  rêve et action, exaltation  et chaos, chair et raison, mysticité et volupté  qui le menèrent jusqu’aux tréfonds du supplice.

 

L’autre, Rimbaud,  de 10 ans  son cadet, subit une éducation catholique plus que stricte à défaut d’être élevé par un père militaire qui abandonna sa famille. Doué pour la littérature dés son plus jeune âge, il se construisit très tôt une maturité intellectuelle. Aimant sortir à tous moments des sentiers battus, sans foi ni loi, sinon celle de se déchirer de l’intérieur, de se brûler les ailes à tous les feux.

 

Il était à seize ans un être tout à la fois anarchiste, violent, provocateur, il se  mesurait à tous et ne ménageait personne. On disait de lui qu’il était maussade et hargneux.

 

 

 

Leur rencontre déclencha ce cataclysme hors du commun que fut leur liaison.

 

Leurs talents poétiques s’attirèrent mutuellement tout de suite puis furent sublimés par la passion qui naquit entre les deux êtres.

 

 

 

Une passion vécue par l’un et par l’autre à travers la poésie qui ne les quittait jamais, créant ainsi autant de raison de s’opposer que de s’enflammer pour leurs écrits respectifs et de poursuivre leurs idéaux éphémères en discussions sans fin.

 

Par l’émotion et la violence qu’ils introduisaient dans leur relation, exacerbées par des nuits de débauches et d’alcool qui finissaient par leur faire perdre la raison ; à se battre, à en venir même aux coups de  couteau, leur liaison était  un délire infernal, ils le savaient, voué aux actes de folies et à l’échec.

 

Une sorte d’autodestruction les animait, sans qu’ils aient pouvoir de le contrôler. Attiré sans cesse l’un par l’autre, se repoussant aussi par besoin de liberté ; Verlaine éprouvait le besoin impérieux de reprendre une vie conjugale brisée par sa faute et Rimbaud de connaître le monde extérieur, d’assouvir son rêve, de voyager.  

 

On peut se demander dans ces conditions, leur passion résultant d’un seul et même amour l’un pour l’autre, qui de l’un ou de l’autre a tiré le premier. Pour ma part je considère que c’est une seule et même chose qui s’est désintégrée.

 

 

 

À mon sens, après les événements fatidiques de Bruxelles,  il n’y aurait pas dû  avoir qu’un seul coupable à comparaître.

 

Rimbaud, l’insoumis, le réfractaire, le libertaire, en parfait citoyen ordinaire, remis sans sourciller Verlaine à l’autorité policière. Quel paradoxe ! Notre poète, si fou, et lui-même violent, entre dans le rang, dès lors qu’il craint pour sa vie ?

 

Rimbaud retira sa plainte, mais il était trop tard, la machine judiciaire était enclenchée.

 

Verlaine fut condamné officiellement  pour coups et blessures, or nous le savons, c’est son homosexualité qui a été sanctionnée.

 

Rimbaud  ne  déclara à aucun moment sa solidaire vis-à-vis du motif réel de la condamnation de son ami. Il  préféra se taire et  rentra chez lui pour écrire « Une saison en enfer » qui ne sera d’ailleurs pas publiée, par manque de finances.  

 

Verlaine n’en voulut jamais à Rimbaud de l’avoir fait condamner, acceptant  même son sort avec humilité.

 

Rimbaud quant à lui, mit un voile sur cet épisode de sa vie, tourna la page et se  mit en quête  de cette vie d’aventure qu’il convoitait tant. Il voyagea en Europe et en Afrique, mais n’écrivit plus aucun texte, si ce n’est des lettres à sa famille et à des proches n’ayant aucun caractère poétique. Je veux cependant croire que la poésie est restée dans un coin de sa tête.

 

 

 

Loin de moi l’idée de condamner Rimbaud. Je lui fais ici un procès moral.

 

Je le considère  coresponsable de leur déchéance. Son âge (19ans) ne justifie pas son comportement craintif, comme enfantin, au moment des faits, car ses écrits sont là pour témoigner de sa maturité intellectuelle. Ses lettres enflammées adressées à Verlaine peu avant  le drame et découvertes sur lui par la police disent à quel point il aimait ce dernier.

 

Verlaine ne lui avait-il pas proposé d’en finir ensemble.

 

La mère de Rimbaud  n’a pu que se réjouir de sa décision, qui attestait de l’éducation qu’elle lui avait prodiguée (grâce à dieu) et qui enfin se manifestait au moment crucial de sa vie.

 

 

 

Écartelé entre passion et raison, Rimbaud ne sut faire autre choix que celui de trahir Verlaine.

 

 

 

 


 

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Une affaire de générations

 

Moi, de mon temps !
Et vous, du vôtre, vous aviez quel temps ?

Vous avez 10, 15 ou 20 ans de différence d’âge par rapport à ceux ou celles qui vous précédent ou vous succèdent. D'après vous, l'écart d'âge peut-il  faire que vous ayez une différence de point de vue fondamentalement  opposé sur les questions sociétales ses mœurs par exemple, son économie, ses institutions et ses valeurs en général ?   

Est-il possible que le monde, la société dans laquelle vous vivez ait évolué si vite que les idées que vous avez acceptées et adoptées à un moment de votre existence soient complètement obsolètes, dépassées? Peut-être même disparues avec ceux-là mêmes qui les avaient répandues ?
Vous les aviez tellement défendues, supportées au point de ne plus changer une jota à la magie de la formule de l’époque et qui forgea durant ce laps de temps qu’on nomme SA génération, la plus cohérente des visions de société.
Tout ce qui était avant : bah! Rien de bon  !
Tout ce qui est venu après : bah! Rien de bon !
Comment se fait-il qu’à chaque génération il y ait une Formule Magique entonnée par les jeunes gens et gardé jalousement et répété inlassablement par ces derniers comme étant la meilleure des solutions jusqu’à la fin de leur vie ?
La mutation due à l’âge : de 15 à 20 , de 20 à 30, de 30 à 40 ans, etc. Induit-elle toujours et forcément un conflit générationnel latent ?
Devient-on obligatoirement "sectaire" dès lors que l’on passe d’une tranche d’âge à une autre?   Con ?  Fainéant d’esprit peut-être ? Au point de ne plus chercher de voies nouvelles, d'autres issues ? De se contenter de l’acquis, de ne plus se creuser la cervelle ? Rechercher des solutions adaptées à un Univers qui , qu’on le veuille ou non, est en perpétuelle mutation.
Il y a 100 ans, vous n’étiez pas né. Des gens soutenaient aussi des idées, se battaient pour elles, mouraient pour elles. Comment pensez-vous qu’ils nous jugeraient, nous les jeunes de 85, de 70, de 60, de 50, de 40 , de 30 de 20 et de 15  ans ?
Allez, dites-le ! Nous ne sommes que des hommes avec nos ignorances et notre satanée Vanité à toute épreuve.
Mais par delà cette attaque pertinente se cache autre chose, quelque chose qui s’appellerait « la peur du changement »
Après s’être forgé durant sa jeunesse une conception de la société , fixé les idées sur un mode de vie ,s'être en somme "approprié son temps" jusqu’à l’âge adulte, le changement, le  saut dans l’inconnu quelques décennies plus tard « fait peur »

La société dans laquelle débute sa vie d’adulte et sur laquelle se bâtit  une vie, un foyer, en fonction des données socio-économiques du moment, tous ces fondamentaux doivent rester en l’état, sinon c’est le néant. L’absence de structure et de visibilité devient dangereuse et l’improvisation inacceptable !

Tout revoir tout repenser alors que la société vous a modelé pour fonctionner selon le schéma de votre époque. Pas simple de modifier tout ce que vous avez bâti, ayant opté pour les possibilités mises en place dans le système tel qu’il se présentait en ce temps-là.

J’ai par exemple connu sous Raymond Barre, alors Premier ministre, une inflation à 14 % ! Des situations de blocages des salaires et des prix. Comment construire son avenir sans voir et tenir compte des réalités de son époque de jeune adulte et comment se défaire du schéma lorsque les choses évoluent tout autrement? Les  dangers que l’on a connus dans ces moments cruciaux au départ dans sa vie d’adulte restent gravés et resurgissent à la surface chaque fois que l'on vous affirme que CELA ne peut plus se produire..... et c’est bien entendu la " génération suivante " qui vous prétend cela, puisque vous, n’êtes pas du même monde, plus dans la course, ne jouez pas dans la même cour !
N’est on pas inquiet lorsque notre inflation flirt aujourd’hui avec les 3 % ?  
Les dangers disparus de nos jours de notre société pourraient réapparaître pensent les anciens ! La crainte, l’inconnu les font se braquer contre toute idée nouvelle qui souvent sent bien sûr pour eux,  le réchauffé.
Force est de constater que les idées novatrices qui apparaissent à chaque génération comportent des  zones d'ombres et des incertitudes que  les jeunes  gens pour lesquelles elles sont véhiculées n'ont pas de mal à braver, car ils ne perçoivent pas ce que peut advenir d'elles lorsqu’ils auront atteint eux-mêmes  la fameuse "limite d’âge générationnelle ".
Heureusement pour eux, car sinon ils n'entreprendraient plus et ne croiraient plus à rien. Imaginez , plus de perspectives ! Et dans le même temps une jeunesse qui ne voudrait absolument pas suivre comme il se doit « la formule magique » des anciens !
Quels beaux conflits de générations cela ferait !  

Il faut enfin constater que les femmes n’ont pas suivi le même cheminement générationnel que les hommes pour des raisons évidentes de statut, qui lui fort heureusement a évolué.
Quand dans leur bouche vous entendez « De mon temps », ce n’est jamais pour vous dire que c’était un temps béni !
Il va de soi que  ces conflits générationnels ne sont pas le seul apanage des gens intégrés dans la collectivité, les marginaux ne sont en rien exclus de ce phénomène humain et ont, eux aussi, fixé des valeurs et des convictions en leurs temps respectifs.

Une exception néanmoins offre toutes  générations confondues  matière à discussions intemporelles, l'Art, dont je ne parle pas sciemment dans ma modeste chronique, a tout à fait une place à part et justement, a l'art de se jouer des générations. Tout est possible ici et à n'importe quel âge. La musique est un bon exemple, car il n'y a pas sujet plus cosmopolite et qui fasse l'unanimité entre les âges. Mozart ne s'est jamais autant joué. Que dire de Bach et de tant d'autres musiciens, des sonorités en tous genres, passées ou contemporaines,  écoutés et utilisés encore et toujours, au XXI siècle.  La société humaine serait bien inspirée de  prendre l'exemple pour favoriser des passerelles entre les générations pour mieux les faire évoluer et vivre ensemble.  

 

 


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J’habite une cité

 

 

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

Peuplée d’employés, de prestataires et d’associations

Aussi utiles que futiles. Bref, ça chôme dur dans la cité.

Inutile de chercher les métiers qui firent sa réputation,

La mécanique générale, le textile, l’électricité

De l’histoire ancienne, comme ces voitures, à la démolition

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

La gouaille des habitants elle –même n’est plus l’habituelle

Elle y a perdu son argotique, les mots venus des métiers

Le Louchebem, le Javanais et  sa Lyonnaiserie universelle

Inutile de demander à l’un s’il a passé sa journée à « tourner »

Ou si de trop « fraiser » ça ne l’a pas écœuré d’sa « cervelle »

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

L’entraide si familière a fait place aux égoïstes

Dire qu’il n’y a pas plus dangereux qu’un passage clouté

Que peu de jeunes cèdent  leur place aux vieux est triste

Dans la cité, donner la main entre voisins était prisé,

S’attendre au coup de main aujourd’hui c’est être utopiste

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

Où est le  temps des  heures sup. 40,50, 60 par semaine

Du travail considéré, des patrons peur que vous quittiez

 Qui payaient sans sourcilier ? Rien ne reste pour la graine.

Ainsi rencontre-t-on dans la cité bien plus de gens fatigués

De n’avoir pas travaillé et qui rêvent des heures anciennes

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

Disparues hautes cheminées élancées et toits en dents de scie

Ateliers minuscules et fabriques gigantesques imbriqués

Qui formait le cœur et le souffle vivant de cette patrie

Hommes et femmes des campagnes ou de pays étrangers

Bâtir ici une histoire commune dans la peine et l’empathie 

 

J’habite une cité ouvrière où il n’y a plus d’ouvriers

Où autour de machines bruyantes d’où sortaient mille articles

Se forgèrent les élans sociaux et la quête d’un mieux-être espéré

La chute des usines, l’ère des trente glorieuses, la fin d’un cycle

A sonné le glas d’une saga qui dura une centaine d’années

Dos à son passé, elle sert une ultime larme qui de son âme gicle.

 


     

 

 

MN

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vais fêter mes 450 ans

Je suis un tout, je suis les Centuries !

Comprenez que je vis le film de notre histoire terrestre

Jusqu’à une fin apocalyptique  que j’aimerais voir épargnée

Par des esprits éclairés, emplis d’humanité.

Au jour d’aujourd’hui  j’ai été beaucoup lu et  publié

Et  le serai, je me  demande pourquoi, encore et toujours

Sans pour autant être mieux compris... depuis le temps,

La vanité poussant l’homme de pouvoir avant toute chose

À mettre  en doute les délires d’une prétendue Prophétie

Et de tout faire pour  « diaboliser »  le débat sur mes prédilections

Au lieu de considérer leur unique objectif et seul véritable sens

«  Prévenir »

Ceux qui gouvernent la planète depuis tous ces siècles

N’ont jamais prédit de catastrophes, mais les ont toujours «  apportées ! » 

Moi  qui ai « prédit » un futur qui se vérifie à travers  mes centuries,

Je n’ai  jamais été écouté.

Mes Centuries furent publiées il y a 45o ans !

Croyez – moi si vous le voulez 

Ils n’ont pas dit leur dernier mot.

 

*§*

 

 Michel De Notre Dame, le maître à penser de mes Centuries

vécut 62 ans, 6 mois, 10 jours, et mourut à Salon en 1566

 

 


 

liposuccion

     

      

 

 

 

 

 << Une beauté plastique «  toute neuve  »  

 Ma belle n'a jamais été aussi belle 

Sa bouche est devenue vraie gourmandise !

Liposucées ses paupières et ses joues liftées

Un visage sans rides, sans cernes, elle est exquise !

 Ses lentilles lui confèrent un beau regard bleu-vert

 Assorti à sa nouvelle couleur capillaire

 Que dire de son éclatante dentition fraichement implantée !

 Ma belle n'a jamais été aussi belle

 Ses implants mammaires, ses seins en poire, ouah !

 Et cette substance siliconée, un plaisir pour les doigts

 Vous faire toucher aussi du doigt ses nouvelles fesses

 Tout en rondeurs, s'y frotter est un régal maitresse !

 Après ses liposuccions de la culotte et du ventre

 Je retrouve le petit giron plat de ses vingt ans !

 Mais vous parler de ses parties intimes serait indécent

 Le resserrement tissus et muscles, quel nouvel épicentre !

 Ma belle n'a jamais été aussi belle !

 Maintenant que me voilà désormais comblé

 Ma belle me taquine, le prend de haut

 Elle prétend que mon tour est à envisager

 Et de m'inciter à commencer au plus tôt

 A vrai dire, j'opterais sans doute pour le tout en un

 Le ravalement complet en huit jours, j'y suis enclin

 Ceux qui le font sont méconnaissables... derrière

 J'ai hâte d'avoir mis de côté les deux ans de salaires

 Qu'il faut pour me payer enfin mon nouveau fion

 Bien entendu, le ravalement intérieur est en option.

 Les prix baisseraient paraît-il

 Alors, ça vaut le coup, non ?

 Ça ne vous tente pas ?

 


 

Vous avez dit  «  SUR -MEDIATISATION »

 

 

 

Même si vous ne lisez pas les journaux, ne regardez pas les journaux télévisés et n’écoutez pas les nouvelles à la radio, soyez sans crainte ; les nouveaux Médias, Les Réseaux sociaux en tête,  votre famille, vos voisins et vos amis se chargeront de vous tenir au courant au jour le jour, heure par heure de ce qui se passe.

 

Que vous le vouliez ou non, vous saurez tout sur tout ! De la dernière grève, du dernier scandale, financier, politique, du nombre de  voitures vendues, TRÈS important pour vous !

 

Vous saurez tout de la brune, de la blonde, et surtout on vous ouvre la porte à tous les bruits de chiotte de cette pègre mondaine qui focalise, que dis-je magnétise, gave et conditionne le bas peuple sur ses petits bobos, ses grands amours,  feints ou pas, entendus ou pas  avec les organes de presse et les médias de tous acabits et qui font de notre société une vaste zone de « peoplelisation » traduisez  « d’abrutissement de masse ». Une zone, où l’on trouve dans la grande gamelle AFP et les torchons en tous genres, la vraie vérité, la même que le voisin d’en face, mais qu’on se croit obliger de colporter toute la sainte journée à son prochain, car il n’y a pas de raison : on est peut être con, mais il faut que tout le monde le soit !

 

Le problème est que le lendemain, c’est le cas la plupart du temps, il faut se préparer à détruire ce qui a été dit la veille et raconter tout l’inverse le cas échéant, tant l’amas de conneries et les tissus de mensonges avalés et propagés la veille étaient énormes.

 

Qu’à cela ne tienne ! On vous en met une nouvelle couche sans se préoccuper de vous faire passer pour un c ……..puisque vous l’êtes déjà !

 

La surmédiatisation est si évidente, mais cependant royalement ignorée par tous les journalistes qui se prennent pour de grands chevaliers investis d’une mission impérieuse de vous informer  en continu. En fait, c’est de votre faute si on vous gave. Vous zappez d’une chaîne à l’autre, lisez un autre journal et on vous sert encore et encore la même nouvelle trente-six fois par ….Heure, au nom de la liberté d’informer.  Ne devrait-on pas les appeler « animateurs » aujourd’hui,  ces cabotins  de l’information qui ne savent ni ne veulent vérifier, chercher, investiguer, mais qui de répéter bêtement toutes les heures, au mot près, la même info de l’Agence France Presse que les collègues des boutiques voisines, suffit à leur bonheur de journaleux ?.

 

Que dire des très déontologiques patrons de presse et des instances Audio-visuelles,  investis de leur haute et impérative « mission » vis-à-vis de leurs lecteurs-spectateurs, qui sont naturellement en « Droit » d’attendre une bonne information régulière!

 

Sondages, statistiques, avis de spécialistes, de psychologues;  de consultants par-ci  et de consultants par-là,  le journaliste ne vous épargne rien pour vous apporter la nouvelle la plus VRAIE  et quand il le faut il vous en rajoute. Être le plus précis possible même dans l’erreur, dans le bidon, dans la farce, pourvu qu’il vous monopolise le temps de faire bouger l’audience (n’oublions pas, il joue sa place). Le temps d’un écran de PUB, disent-ils  hypocritement, et nous reprendrons le sujet DÉLICAT du jour.

 

Le nombre de kilomètres de bouchons cumulés, ça , ça vous parlent non ? ! Si ce n’est pas de l’info ça, je ne fais plus partie du JT ! Dire qu’avant, le kilométrage à l’entrée et à la sortie de certaines villes ou des péages d’autoroute réputés difficiles  nous suffisait !!  Aujourd’hui, il faut grimper vers d’autres sommets, trouver d’autres superlatifs. Le choc de l’image auquel on ajoute l’imaginatif, quelque chose qu’on ne voit pas, mais qu’on imagine très bien. Vous  dites impressionnant, sachez que  ce n’est plus suffisant! Faut trouver de quoi nous faire mouiller le bénard, rien qu’en y pensant ! 800, 1000, 2000 km de bouchons !

 

Les statistiques leur évitent de se creuser les méninges. Là aussi on ne vous loupe pas, quitte s’il le faut, à vous en sortir une deuxième la semaine d’après qui dira strictement le contraire, histoire de vous donner la claque sur l’autre joue. Et alors ? Faut informer, y’a plusieurs Instituts , le droit de réponse existe. Faut relayer l’info, c’est notre boulot …de facteurs !

 

Ah, les statistiques ils adorent vous les livrer en pâture, vous foutre la trouille, le bourdon pour la journée. Vous rendez-vous compte que votre moral est comptabilisé mis en statistique et vous est servi tous les matins. Ah, le moral des Français et des Parisiens en particulier, surtout si le temps au-dessus de la Capitale est morose. !  Manque de bol , ce n’est jamais bon pour vous, vous l’avez dans les chaussettes et n’avez personne pour vous le remonter, surtout pas le journaleux qui le plus sérieusement du monde vous livre ce scoop matinal et qui  sans état d’âme enchaîne : «  Passons à la guerre en Tragikistan et retrouvons là-bas  sur place notre envoyé spécial retranché dans le Hilton de la ville avec ses autres confrères occidentaux » « Bien sûr nous allons vous tenir informés heure par heure du développement… »

 

On vous fait battre des records : d’écoute, d’entrées, de nombres de morts et de blessés.

 

Et c’est la première fois ceci et c’est la première fois cela bla bla bla. Ce n'était plus arrivé depuis 50 ans, incroyable, Tenez, à lire en ce moment même :

 

Le film « Bienvenue chez les Ch'tis » de Dany Boon ne battra pas le mastodonte américain « Titanic »

 

Mais heureusement, on a battu notre film jusqu’alors fétiche et autrement plus drôle qu’est « La grande Vadrouille » c’est bien, c’est Bien, c’est BIEN !   On peut enfin tourner la page. Quant au contenu, ce n’est pas le sujet,  l’Art on s’en moque, non ?  Il faut que l’un détrône l’autre : « T’as rien compris toi !» L’essentiel c’est de battre le RECORD !!

 

Je crois que je suis surmédiatisé, il me faut absolument une aide psychologique. Est-ce que quelqu’un sait où se trouve la « cellule » la plus proche pour mon cas ? Eh oui, il me faut ce support-là, puisque je suis incapable de supporter justement ou de digérer par un travail de compréhension intérieure sur moi-même les travers de notre société. Autant cela est une nécessité, autant l’utilisation de cette aide pour le moindre fait divers, pas forcément traumatisant, en devient ridicule. Mais remarquez comme cela est devenu systématique, une information phare pour les journaleux : «  une cellule psychologique a été tout de suite dépêchée sur les lieux du drame » « D’après les premières informations ( AFP canal unique) il y aurait de nombreuses victimes »il s’en suit comme de bien entendu la course au record de victimes habituel : pour les uns 50, pour d’autres 60 pour d’autres le nombre pourrait atteindre les 80, etc.…Toute la sainte journée heure, par heure. Je peux m’imaginer que les habitants du Tiers monde soient parfois abasourdis à voir la façon dont on borde, on assiste, on conseille,  on  justifie,  on délibère, on explique l’inexplicable, alors qu’eux s’en remettent plus simplement à Dieu  qui leur guérit les maux mêmes les plus douloureux en quelques prières collectives. En fait, ils ne savent pas que  notre rite laïc a ses raisons que la raison ne connaît pas.

 

Où est donc passée  la soif d’apprendre par soi même ? Où sont les successeurs d’Albert Londres, de Joseph Kessel ? Que devient la charte des devoirs professionnels des journalistes français ?

 

Il y a aujourd’hui moins de journaux et moins de professionnels du journalisme , la crise est aussi passée par là, mais il y a de plus en plus d’informations dues à la main mise des nouveaux médias sur l’actualité : les chaînes télé et les sites web en veux-tu en voilà, sans compter les journaux gratuits ( poste bouche de  métro) qui traitent l’information au même titre que les journaux et JT réputés officiels.

 

La mise en interactivité immédiate de chaque événement d’actualité qui surgit du chapeau AFP se retrouve aussitôt sur les forums et les blogs pour être disséqué  par des milliers d’internautes, vous savez ces citoyens spécialistes qui eux aussi veulent mettre leur grain de sel jusqu’à faire déraper parfois une nouvelle tragique vers je ne sais quelle histoire rocambolesque ou abstraite, l’essentiel étant d’échanger, de débattre et surtout d’avoir le dernier mot.

 

La mise en spectacle de l’information est également la tendance. On nous Britannise ! ( rien à voir avec Britney, quoique !) spécialement sur internet. On vous dirige toujours vers  les « articles liés », c’est particulièrement marquant pour l’actualité concernant Sarkosy, les articles liés glissent toujours insidieusement vers Carla B…. puis son dernier album.

 

Est-ce là de l’info ou un moyen pervers pour faire parler de soi ? Où est la limite, où la déontologie journalistique ?

 

(Noter en aparté que le programme Word ne reconnaît pas le nom de Sarkosy et propose comme mot de remplacement le plus près Sarcoïde, ça doit faire très mal, non ?  )

 

Il y a la guerre entre les puristes de  la  profession, qui malheureusement ne donnent pas toujours le bon exemple, et les apprentis journalistes-animateurs du Net qui revendiquent eux aussi la liberté de cette nouvelle forme de presse, sans pour autant proposer un traitement objectif et déontologique des informations, mais plutôt une cacophonie délétère par le biais des forums, un jeu que les Français adorent par le fait.

 

Tenez, réunissez un groupe de cinq ou six journalistes dits « agréés » , comme cela se fait couramment sur des radios nationales, et faites les commenter un fait d’actualité : « Mais c’est la cour de récréation ! Les étudiants poste 68 qui redébarquent  et qui font mu-muse intellectuelle », c’est pathétique tant ils remuent du VENT .

 

Les journalistes américains ont paraît-il pris conscience des glissements de la profession, de cette Peoplelisation de l’information et proposent d’ores et déjà des collaborations et des cours aux pseudo-journalistes du Net en particulier, afin que le plus beau métier du monde ne disparaisse pas  et  laisse libre cours au néant.

 

Souhaitons leur bonne chance. C’est peut-être encore eux qui vont nous sauver le jour où l’on appellera

 

« AU SECOURS ! »

 

 

 

 


 

  Bretagne_2005_174

 

Il faut que je vous raconte...

 

C'était l'année de mes quinze ou seize ans, en tout cas, l'année où les parents avaient loué la maison du père Pizzera, une bâtisse de village capable d'accueillir notre grande famille. Un sentier, qui partait de derrière la maison, menait en quelques minutes aux berges caillouteuses de la rivière d'Ain.

A cent mètres à peine de là en amont sur la gauche s’offrait une vue imprenable sur l'imposant Pont de Priay, depuis lequel  il y'a fort longtemps mon père ,seulement âgé de onze ans, s'amusait à sauter du haut du parapet dans la rivière, entre les piliers, à l'endroit le plus profond, muni d'un parapluie comme fantaisie clownesque.

Mais ça, c'est une autre histoire, je m’éloigne du sujet, la  Pêche!

A cette époque là, j'étais un mordu de la pêche. Il faut dire que mon père, le roi de la « petite  friture », m'en avait donné le goût vu le nombre de fois que je l’avais accompagné depuis petit.

Ces vacances là allaient être sans conteste toutes vouées à ma passion, l'endroit s'y prêtait à merveille ! Pensez, rejoindre à pied la rivière directement depuis la maison, le rêve !

Le choix de mon matériel était fait. Une canne à fond, une à la passée et un lancé, Avec ça, brochets, truites, ombles et autres barbeaux, chevennes, carpillons et perches n'avaient qu'à bien se tenir ! Sans oublier, les ablettes, goujons et vairons qui sont un régal en friture, hein Papa !

Réveil de bonheur, petit déjeuner, et hop me voilà parti jusqu'à midi. L'après –midi, seulement à partir de 5-6 heures, car les poissons font aussi la sieste avant de s'y remettre ! Le rythme était soutenu, mais que ferait -on pas pour une prise superbe, miraculeuse, rarissime ! QUI n'a pas été abasourdi par la facilité déconcertante d'une prise exceptionnelle, ou n'a pas frissonné devant l'âpreté d'une lutte, et savouré, après de longues heures de patience et de ruse, cet instant magique ou le poisson s'abandonne enfin dans les mailles de l'épuisette ! Ah, la pêche, c'est toute une vision des choses ! Un de mes coins préféré  était une belle Lône, sorte de bras retourné de la rivière se terminant en fermoir. Elle se trouvait de l'autre coté du pont vers le versant abrupte de la colline, là où les vipères aimaient à venir se dorer au soleil les après midi d'été. L'eau y était propre et limpide, fascinante comme un aquarium. Juché sur une grosse branche d'arbre qui surplombait la lône jusqu'en son milieu ,muni de mon lancé, j'observais les poissons aller et venir d'un bout à l'autre de ce beau bassin naturel, le ballet sous marin des bancs d'ablettes et de vairons laissait auguré que d'autres prédateurs, plus importants, viendraient à un moment ou un autre se régaler, le tout était de s'armer de patience et de revenir autant de fois qu'il le fallait, ce qui n'était pas une corvée pour moi, tant ce lieu m'étais devenu familier et me captivait par sa beauté et la sensation de mystère qui s'en dégageait. D'ailleurs, ne fallait il pas profiter de cette situation unique, cette Lône éphémère vouée à disparaître aux prochaines crues de la rivière.

La rencontre eut lieu un matin un peu avant 8 heures. Je m’étais posté à califourchon sur ma branche afin de scruter le plan d'eau de long en large. Une authentique lagune se présentait à mes yeux. Impossible de louper le moindre vertébré. Je n'eus pas tout de suite le réflexe, étant encore un peu endormi, de regarder sous mes pieds à l'aplomb de la branche, mais dès l'instant même où cette idée me vint, j'eus un tressaillement si fort que j'en perdis presque l'équilibre tant ce que je voyais était sublime. Il était là sous mes yeux ce pourfendeur de proies, un beau brochet comme rêve d'en voir tout pêcheur qui se respect . Il approchait à vue d’œil bien les 50 cm. Il existait donc cet animal, j'avais trouvé enfin le maître de la Lône, et ça, c'était déjà une belle satisfaction de le constater de visu. Encore tremblant et troublé, la question fusa naturellement à mon esprit ; "et maintenant comment je fais ?" Royal et absolument immobile, j'avais l'impression qu'il m'observait, c'était même sûr.

La peur de mal m'y prendre me tenaillait. Ma canne à lancer, une cuillère et une monture bien trop grosse, tout cela ne m'inspirait pas. Il fallait cependant bien commencer. Je fis un premier essai en lançant la cuillère à une dizaine de mètres devant lui moulinant lentement et revenant jusqu'à un mètre de la bête. Le tournoiement de la cuillère et ses scintillements dans l'eau transparente accaparait l’œil,  peut être trop ? Droit dans ses bottes, il ne bougeait pas d'une écaille. Après plusieurs tentatives infructueuses, je résolus de prendre la canne que je montais d'un fil très fin pour qu'il soit le moins visible possible. Le brochet imperturbable était toujours là et ne se préoccupait pas le moins du monde du vif que je tentais vainement de lui faire mordre. La supercherie était sans doute trop voyante pour lui ou l'avais-je énervé avec mes ficelles d'amateur ? D'un coup d'un seul, il fila à une vitesse supersonique au bout de la Lône où il se tapit de nouveau en position du chasseur à l'affût, ou du dormeur, à ne déranger sous aucun prétexte.

Le jour suivant chacun à son poste, moi sur mon arbre lui dans l'eau tout près, en dessous , d'autres ruses d'autres échecs et la fuite classique à l'autre bout du plan d'eau.

Pendant ce temps, alors que se jouait ce face à face impitoyable, plus loin dans les Brotteaux aux berges de terre sablonneuse et d'herbes mélangées, formant des plages agréables pour les baigneurs, ma sœur Viviane devait se faire dorer sur tranche , alors que mes petits frères Serge et Christian faisaient sans doute les fous dans l’eau. Michel, l'aîné, lisait sans doute en écoutant la musique sur le transistor, tandis que notre mère, s'occupait de Johnnie, le petit dernier, déjà bien costaud. Le père, quant à lui , devait être à la pêche ou en train de jouer aux boules.

Il me fallait l’attraper ! C’était devenu pour moi comme une fixation maladive, une affaire d'honneur aussi, alors après une nouvelle matinée éreintante à chasser sans relâche ma proie insaisissable, je décidais de parler de mon secret au père Pizzera, (les pêcheurs n'aiment pas trop partager ce genre de confidentialité) , mais avec lui je me sentais en confiance.

Il me dit : « Écoute petit, tu n'arriveras pas à prendre un brochet de la manière traditionnelle dans une eau aussi transparente, le brochet est très rusé, et voit bien ce que tu veux lui faire avaler ! Par contre il y'a un moyen, que nous les anciens on utilise pour gagner l'affrontement à la lutte régulière, c'est au collet ! »

Le père Pizzera confectionna un lasso en fil de cuivre fin, assez court, l'extrémité du fil était fixée sur un morceau de bois qui servait de manche . Il me prouva l'efficacité du système par une démonstration qu’il fit dans une grande cuvette d'eau, très convaincante. C'était à vrai dire impressionnant, la vitesse à laquelle le nœud se refermer lorsqu'on tirait d'un coup sec sur le manche faisait peur. Il m'expliqua ensuite comment il fallait entrer dans l'eau en avançant le plus tranquillement possible vers le brochet par l'arrière pour se placer tout à tout côté de lui. Le brochet ne bougerait pas assurait-il. Ensuite, il me faudrait descendre le collet tout doucement à une vingtaine de centimètres devant lui face à sa tête, puis le ramener aussi lentement en faisant passer le lasso derrière ses ouïes et à ce moment-là seulement…. tirer vite et fortement sur le collet ! Tout un Art !!

Lorsque j'y repense bien des décennies après, c'est encore et toujours avec une grande jouissance et un brin de nostalgie. Je la revois la bestiole pendue au bout de mon collet ! Quelle Traque, quelle Lutte, quelle Victoire !

Si un jour vous passez par Priay et si vous vous arrêtez sur le pont qui enjambe cette belle rivière d'Ain pour contempler du parapet cette admirable carte postale, dites-vous qu'il y a encore de beaux brochets à chasser et.…des vieux parapluies au fond de l'eau. Pas vrai Papa ?

 

 

 

 


 

  UN DETOUR PAR BERLIN

 

 

 

« Berlin ist eine Reise Wert » , « Berlin vaut le  voyage »,  disait le slogan publicitaire à l'époque du « mur ».

Il s'agissait de draguer le plus d'Occidentaux possible vers cette moitié de ville (Berlin-Ouest), afin que son économie survive à l'isolement, mais aussi pour que la démocratie reste  représentée physiquement dans ce secteur de l'ancienne capitale du Reich occupé par les troupes des 3 pays alliés vainqueurs de la 2e guerre mondiale. Face à eux dans le secteur est, les Russes, leur « allié – ennemi » qui veilla à la mise en place de la RDA : la République Démocratique Allemande. Berlin-Est fut aussitôt proclamées seule et unique capitale par ce nouveau pays communiste, qui  devint du même coup partie intégrante du  colossal bloc soviétique formé par la Russie qui annexa tous les pays de l'Est qu'elle avait libérés.

« Berlin vaut le détour » scandait l'office de tourisme, sous-entendu, la seule zone  libre qu'était  Berlin – Ouest, complètement isolé de l'Ouest justement.

C'était peu de le dire, car pour parvenir à cet îlot de liberté perdu au milieu de l'Allemagne communiste et entourée de hauts murs de béton, de mines et de barbelés, il n'y avait aucun autre choix, l'avion mis à part, que d'emprunter l'une ou l'autre autoroute de l'époque hitlérienne, qui permettait de rejoindre Berlin Ouest depuis la République Fédérale d'Allemagne (RFA) et inversement. L'une partait en direction du Sud vers Munich , l'autre vers l'Ouest et rejoignait  Hanovre et Hambourg plus au Nord.

 Ces deux portions d'autoroutes, environ de 200 km chacune à franchir en pays communiste,  étaient de chaque côté des voies et jusqu'aux postes-frontière bordées du funeste « rideau de fer» reconnu pour être quasi infranchissable, tant la surveillance des Vopos ( police militaire – garde-frontière ) et de leurs chiens  était étroite. Sans parler de la chaussée elle-même restée telle quelle et  jamais restaurée par la RDA depuis la guerre. Qu'elle était un vrai  tape-cul n'était rien, s'il n'y avait pas eu ces cratères énormes au milieu de la voie (dus aux effondrements du sol ) et qu'il fallait soigneusement éviter  pour ne pas tomber les deux roues dedans. La vitesse était à cause de cela limitée à 40 km heure ! Imaginez le temps que l'on mettait, sans compter les lenteurs zélées aux passages des frontières où souvent on vous épinglé par-dessus le marché pour dépassement de la vitesse autorisée et dont il fallait acquitter  l'amende, sans rechigner surtout, payable de suite et de préférence ....en dollars !   

Il fallait en vouloir pour choisir de s'établir à Berlin- Ouest. Mais cette petite tâche au milieu du grand paradis rouge, ce pied de  nez fait au communisme était osé. Faire vivre et développer une ville dans de telles conditions tenait du miracle et quelque part était excitant à partager.

Pour mille raisons Berlin valut le voyage et notre « détour » au temps du mur dura pas moins de 2 ans pour finir.

Refaire  un  détour après la réunification allemande dans ces deux villes réunifiées, voir Berlin redevenu libre fut une grande émotion. Nous avons fait ce voyage avec des amis que nous avons connus à l'époque où nous vivions là-bas.

Le plus bizarre était sans doute pour nous de découvrir le centre, car celui que nous connaissions dans Berlin-Ouest du mur n'était pas  le vrai centre historique de la ville. Le vrai centre historique et traditionnel se trouvait vers Postdamer Platz situé de l'autre côté dans le secteur communiste dans Berlin-Est. Détruite  à 75 %, elle ne fut jamais reconstruite et resta terrain vague après la guerre puis  bande – frontière militairement  renforcée à l'édification du mur en 1962.

Postdamer Platz est aujourd'hui en pleine reconstruction. Le quartier  est  redevenu un centre d'attraction pour tous les Berlinois comme pour les touristes du monde entier, les édifices aux lignes et designs très futuristes surprennent et sont  à voir absolument.

Autre effet insolite et instants magiques furent  pour  nous la traversée à pied sous la porte de Brandebourg. S'arrêter sous une des arcades de la porte et photographier son arche procure une sensation de liberté retrouvée qui vous envahit tout à coup, puis vous scrutez de gauche à droite en vous disant simplement  « Pas croyable, plus de mur »

La ligne de démarcation où fut érigé le mur décrivait un arc,  qui passait  à environ 100 mètres de la Porte du  côté ouest .

Pour voir « de l'autre côté » les Berlinois libres montaient  sur une plate-forme en  bois  accolée au mur du côté ouest. Ce type de promontoires étaient  disposés à intervalle régulier le long du parcours qui  séparait les deux Berlin. 

« De l'autre côté », à l'Est, se trouvait derrière le mur  un « No Mans Land », bande frontière courant sur des kilomètres, miné et semé de barbelés et de croisillons métalliques. Le  mur quant à lui , en béton armé et d'une hauteur de  3 mètres, était surmonté  par endroits de rouleaux en béton tournant sur eux-mêmes et qui empêchaient tout fuyard de s'y accrocher par les bras pour passer par-dessus. Machiavel n'aurait pas fait mieux. Il est difficile pour celui qui vécut à Berlin à cette époque d'oublier tout cela. Lorsque le mur rencontré un obstacle sur son passage, un bâtiment où immeuble par exemple, voire même un lieu de culte, celui-ci était complètement évacué puis muré. En 1985, les autorités communistes ont même été plus loin en détruisant l'église de la Réconciliation, située sur la ligne de démarcation et qui simplement gênait.       

Même coupée en deux parties (sensiblement égales), la taille de Berlin- Ouest, comme celle de Berlin-Est, était immense.

La découverte du grand échiquier qu'est redevenu Berlin donne toute la dimension de ce qu'était cette ville  au temps de sa grandeur impériale. Pensez que les voies qui parcourent Berlin en continu d'est en ouest mesurent 40 km !

Ce qui frappe et réjouit aussi, c'est l'absence de Gratte-ciel et la présence d'un poumon vert en plein milieu de la ville dont la superficie impressionne par son ampleur. Elle renferme le plus important Zoo du monde. Les nombreux  et grands lacs qui entourent la capitale sont autant de forêts et de bois où les Berlinois se précipitent le week-end et même en hiver, lorsque les plans d'eau sont gelés. Le visiteur côtoie alors des pêcheurs debout ou  assis sur des chaises  au-dessus du trou fait dans la glace à la façon des Inuits. Il arrivait aussi parfois que les gens se retrouvent sur le lac gelé en minorité face à des régiments de canards et de cygnes qui occupaient ces surfaces glacées en quête de nourriture que les pêcheurs et promeneurs ne manquaient pas de leur préparer.               

Berlin de nos jours ce sont des quartiers entiers en construction ou en reconstruction, notamment dans l'ancien Berlin-Est où il y eut  très peu d'évolution durant l'ère communiste qui dura  45 ans. Il est vrai que la RDA ne mit rien dans la corbeille de la mariée lors de la réunification en 1990, puisque le pays était à la faillite, comme la majorité des pays de l'Est du reste.

La RDA comptait cependant  17 millions d'habitants qu'il fallut fondre dans la RFA en leur assurant des couvertures sociales  identiques aux Allemands de l'Ouest . Une prouesse de plus pour ce peuple. Imaginez que la France ait 17 millions de personnes  à intégrer du jour au lendemain !

Le Berlinois, de tempérament jovial, aimant plaisanter et rire, est aussi un tantinet cabotin et râleur, comme peut l'être un Parisien ,  en somme quelqu'un de sympa !

L' ô combien fameux "Check Point Charlie" des Américains devenu musée, était un poste-frontière pour le passage des véhicules entre les deux zones, situé  dans la Friedrichstrasse, rue où se trouve la non moins célèbre gare, nœud ferroviaire où le Métro et le RER   communiquaient avec les grandes lignes et qui  servait  aussi de douane et de passage de frontière aux piétons se rendant à Berlin Est.

Pour l'anecdote , le mur sillonnait entre deux quais. Cette station était le terminus de ligne pour les Berlinois de l'Est, tandis que la ligne de RER de l'Ouest circulait à travers Berlin-Est, ne s'arrêtant cependant à aucune station, décrivant une boucle avant de rentrer de nouveau dans le secteur libre de l'Ouest. Cela donnait l'occasion aux familles qui avaient été séparées par le mur de s'apercevoir et de se saluer sur le parcours, le temps du passage de la rame.  Cette station était un endroit particulièrement glauque, pesant et oppressant à la fois. On s'y sentait menacé à tout moment par les gardes- frontières qui ne manquaient pas de zèle dans leur travail d'harcèlement. Contrairement aux Berlinois de l'Ouest, les visites à Berlin-Est étaient permises à tous les ressortissants étrangers qui détenaient un passeport en règle. Il fallait cependant prendre son courage à deux mains pour  traverser les labyrinthes puis le poste de douane de la station de Friedrichstrasse, car rien n'était laissé au hasard pour vous déstabiliser, les regards sévères et suspects étaient de mise, l'attente interminable dans un couloir étroit, devant une porte fermée; le vidage du contenu des sacs et des poches, l'épreuve de la fouille  et accessoirement l'arrachage de la pellicule qui se trouvait encore dans votre appareil photo, et là, inutile de négocier, le  Vopo refusait même le paquet de Gauloises, pourtant très prisé alors.      

Aujourd'hui, la gare et  les bâtiments de part et d'autre de cette ligne frontière ont été reconstruits. La rue très commerçante et la gare hyper animée ne portent  plus les séquelles de son douloureux passé. Il est vrai que bien des malheurs ont endeuillé ces lieux.

C'est bien sûr la découverte du Berlin-Est de maintenant, qui excita le plus notre curiosité et orienta d'emblée nos pas dans les endroits où logiquement les choses avaient dû profondément changé, car de nos visites dominicales angoissantes de jadis, nous en avions gardé le souvenir  d'une ville pour partie encore en ruine et par ailleurs ayant adopté pour les nouveaux édifices une de construction typiquement soviétique, de même que les grandes places ...vides de monde. 

 Vides, comme tous les bâtiments administratifs, musées , bibliothèque, théâtre, opéra, sites historiques et religieux et des maisons bourgeoises qui bordaient  la célèbre avenue Unter den Linden ainsi que sur la presqu'île de la rivière Spree. Toutes ces constructions sans  toits,  éventrés ou éclatés, aux murs criblés de balles et d'obus étaient restées telles qu'elles étaient à la fin de la guerre, l'administration communiste préférait investir des sommes considérables à l'amélioration continuelle des structures militaires de Berlin-Est et à la propagande anti- occidentale tous azimuts. Rien ne se perdait cependant, car ces mêmes ruines leur servaient à tourner des  films..... sur la révolution bolchevique ...en décors naturels qui ne leur coûtaient évidemment rien ! 

La magie est passée par là. La main et l'esprit de l'homme utilisés à des fins pacifiques et pour la beauté  des choses  ont construit  ce Berlin nouveau et qui se façonne tous les jours au gré de belles réalisations avant-gardistes qui vous font écarquiller les yeux  d'étonnement et où les surprises sont aux détours des rues et des places jadis si vides et sinistres.  Il faut avoir vécu un  dimanche sur l'Alexanderplatz, alors communiste lorsque le seul spectacle offert par la ville était invariablement le même : le concert de musique classique exécuté par une cinquantaine de musiciens..... tous vêtus de leur tenue militaire !. Hallucinant, non !

Revoir cette même place, aujourd'hui grouillante de monde qui s'affaire, avec ses grands  magasins et en son centre l'immeuble Park Inn, forum qui abrite bureaux, boutiques, cinémas et restaurants, était pour nous une vraie délectation. Tout comme l'était aussi la "Curry Wurst" (spécialité de saucisse au curry) accompagnée d'une vraie Pils à la tireuse, consommée dans un petit bistro traditionnel appelé  «  Kneipe »,  à proximité  de la station de métro.  

La paix est une bien belle chose, n'est-ce pas.